Procès pour outrage

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Procès pour outrage

A peine créé, le
CODEDO (Collectif pour la dépénalisation du délit d’outrage) a du pain sur la planche. Il semble en effet que nous assistions à une véritable "pandémie" de procès pour outrage…

Jeudi 10 juillet 2008 à 9 heures (au moment même où Maria Vuillet comparaîtra devant la 28e chambre du TGI de Paris pour outrage à sous-préfet), un autre procès pour outrage à personne dépositaire de l'autorité publique se tiendra devant la 29e chambre du TGI de Paris. Celui d’Yves Baumgarten, professeur de philosophie, dont voici résumée l'histoire éloquente…

RAPPEL DES FAITS

Le jeudi 29 mai 2008 à 18 heures, Yves s’attable à un café de Barbès, à Paris. Il a rendez-vous avec un ami plus doué que lui en informatique, pour lui demander conseil car son ordinateur portable est en panne.
Brusquement, un homme fond sur lui. "Tu le vends? C’est un portable volé?"
Surprise d’Yves : "Vous êtes qui?"
"Police! Tes papiers !"
Suggérant à l’homme qui vient de sortir sa carte de police de le vouvoyer, Yves s’étonne: "Vous n’avez trouvé que moi dans le quartier ?"
Un deuxième homme se rue lui. Yves se retrouve plaqué au sol et reçoit des coups de pied. Il reste au sol pendant plusieurs minutes, un genou sur la nuque, un policier sur les reins.
Arrivée d’une voiture de police en renfort. Dans le fourgon, Yves, qui a auparavant décliné sa profession, demande à ce qu’on desserre les menottes. Refus des policiers. L’un d’eux lui répond : "On n’en a rien à foutre que tu sois prof de philo!" C’est pendant le transport dans le fourgon qu’Yves, halluciné par la violence de ce qui lui arrive, se laisse aller à traiter les policiers de "milice de Sarko!"
Yves est accueilli au commissariat par un "Ah, le prof de philo qui n’aime pas la police !". Retenu en garde à vue pendant 24 heures, il écope d’une plainte pour outrage et rébellion.

Yves Baumgarten est défendu par Me Nathalie Suter.

Le CODEDO sera bien entendu présent demain au procès d’Yves. Nous "naviguerons" donc entre la 28e chambre, où est jugée Maria l’assistante sociale, et la 29e, où est jugé Yves le prof de philo, avec dans nos poches le "Manifeste pour une dépénalisation du délit d’outrage", ainsi que l’ouvrage "Lettre au garde des Sceaux pour une dépénalisation du délit d’outrage".

Merci de votre attention.

Pour le CODEDO,
Jean-Jacques Reboux (06 24 06 52 24)
Maria Vuillet (06 13 66 65 88)



(A signaler ce jeudi 10 juillet un article d’Ondine Millet sur le CODEDO dans "Libération")
"Charlie Hebdo" (sous la plume de Sylvie Coma) et "Les Inrockuptibles" (article d’Anne Laffeter) ont évoqué cette semaine les activités de notre collectif en devenir, qui semble, hélas, promis à multiplier ses actions.

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