Sarko aux armées

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Un service militaire éprouvant

Chirac, mon ami de trente ansJuste avant 1981, j'étais coordinateur au QG de campagne [de Jacques Chirac], et je ne cessais de recevoir tous ceux qui avaient des idées. Nous faisions croire que l'on allait gagner la présidentielle. Nous savions tous que nos chances étaient nulles. Je voyais arriver Nicolas presque tous les jours. Il avait du temps. Je lui avais fait une lettre de recommandation au nom du mouvement pour un piston en or à l'armée. Il faisait son service dans l'armée de l'Air, à Balard. C'était la meilleure planque de la République. Comme les autres pistonnés, il pouvait faire à peu près tout ce qu'il voulait. Il rôdait donc beaucoup rue de Lille. Je travaillais alors pour Jean François Poncet, le ministre des Affaires étrangères. Nicolas Sarkozy est venu me supplier un jour de l'inviter à un des déjeuners du ministère. « Jean François, mets moi en bout de table. »


C'est aussi l'époque où il était copain avec les « fils de ». Il s'est ainsi lié d'amitié avec le fils Barre, puis avec le fils Decaux, le fils Lagardère, le fils Bouygues... Ce n'était pas si bête. Un jour il est venu m'annoncer son mariage avec une parente d'Achille Peretti. Socialement, il faisait coup double. Il entrait dans la famille de celui dont il briguait déjà secrètement la succession. Et il devenait un peu corse par alliance, son clan de l'époque. Charles Pasqua a d'ailleurs été son témoin de mariage. Signe qui ne trompe pas, Nicolas a donné à son premier fils le prénom du fils de Charles : Pierre. Jean-François Probst

(Extrait de « Chirac, mon ami de trente ans », de Jean-François Probst (Denoël).

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