Conte argentin

Publié le par journal La Mée

Ce conte a été inspiré et écrit, pour soulager une grande tristesse.

J`ai le bonheur de savoir... que toujours il existera,
rien ni personne ne pourront l´effacer.


Giselle Badin.  (par courrier électronique depuis Buenos Aires)


 LE GAUCHO PAMPA


Il était une fois... dans un lointain pays du sud de l´Amérique, une petite statuette, c´était la petite statuette du « gaucho pampa ».

Le « gaucho pampa » c`est l`homme des « Pampas » du sud.

Cette petite statuette a eu un drôle de destin.

Elle était une copie des dessins de « Florencio Molina Campos », un peintre qui dessina les pampas argentines et ses gens.

Elle naquit dans les mains d´un artisan argentin.

Un jour quelqu´un est arrivé près de la petite statuette du « gaucho pampa » et l`a prise tièdement dans ses mains pour lui faire commencer un long voyage.

Une petite statuette du « gaucho pampa » commençait avec orgueil un long chemin, elle était heureuse de trouver dans son chemin de nouveaux paysages, personnes, lieux merveilleux.

Elle serait offerte à quelqu´un pour son anniversaire : quel bonheur avait la petite statuette du « gaucho pampa », loin de ses pampas.

Elle fut accueillie avec bonheur aussi, au milieu des mers de caraïbes, si loin de son artisan, si loin de ces pampas.

Dr là, elle arriva à sa nouvelle demeure, elle fut installée sur un bureau, ou sur  une petite étagère, ou dans un tiroir, elle ne se souvient plus maintenant où.

Elle continuait heureuse, elle avait l`orgueil des hommes du sud, les gauchos pampa, elle portait ses vêtements, debout, toujours droite. Quel bonheur !!!

Mais...un jour, pauvre petite statuette du « gaucho pampa » elle termina au fond d`une poubelle, d´une poubelle de Fort de France.

Qu´est- ce qui s´était passé ?  Elle ne le comprenait pas, quelle tristesse au fond de cette poubelle de Fort de France, combien d´obscurité, quel destin pour une statuette du « gaucho pampa », copie des dessins du peintre Molina Campos.  Inimaginable au début du voyage.

Elle pensait à son pauvre destin, les « gauchos pampas » sont des hommes tristes, solitaires, qui chantent leurs vies avec les  « payadas », qui galopent sur leurs chevaux à travers les prairies du sud, qui n`ont pas de propriétaire ni de chef, ils « jouissent » de s´appartenir.

Et dans ces pensées, était la petite statuette…..

Soudain...Elle entendit des voix... au fond de la poubelle de Fort de France, évidemment elle se trompait.

Qui peut entendre des voix au fond d´une poubelle de Fort de France ?

Les poubelles de Fort de France ?  C´est le néant, le noir, c´est la destruction définitive, c´est la fin le fond d´une poubelle de Fort de France.

Mais...non, elle entendait des voix, la petite statuette du « gaucho pampa » il y avait de petites lumières qui  s`allumaient dans le fond de la poubelle de Fort de France.

Alors, la petite statuette regarda, écouta et commença à parler.

Qui êtes vous, dit-elle à deux petits porte-monnaie ? Quelle tristesse devez-vous avoir ici, vous aussi au fond d´une poubelle de Fort de France !!!!!!

Ah non, répondirent ensemble les porte-monnaie, nous avons un meilleur destin !!! Une mère « pauvre d´argent », nous trouvera, nous ramassera et nous offrira á ses enfants, nous serons pour eux, ses deux enfants, seulement ces deux enfants pourront changer notre chemin, nous serons seulement à eux.

Ah !  pensait la petite statuette, il y a de la discussion, ici au fond de cette poubelle de Fort de France.

Et vous, petit bijou ? Qu´est ce que vous faites ici, on dirait que vous avez brillé autrefois !!!

Oh moi, dit le petit bijou, c´est que j´aurais dû être gardé ou offert á quelqu´un sans brutalité, mais... j´ai terminé moi aussi, ici, dans le fond de cette poubelle de Fort de France. Mais ne vous inquiétez pas, une fillette « pauvre d´argent », mais « riche de cœur », me trouvera !!!! Elle me ramassera et me gardera, et...plus tard, quand la petite fille grandira, j´appartiendrai á « sa fille », á la fille de celle qui aura su me ramasser.

Oh !!! continuait á se dire la statuette du gaucho pampa, ce n´est pas si mal ce fond de Poubelle de Fort de France.

Et vous petite boîte argentée ?

Ah !!! Moi je serais ramassée par qui n`a jamais eu un objet d’un certain luxe et je garnirai son étagère, je serais l´unique à la garnir !!!!

Mais...se disait la petite statuette du gaucho pampa... Il y a de la vie au fond de cette poubelle !! Ca commence même à briller !!!

Et vous, album de photos ? Qui vous ramassera ?

Oh !!! moi je serai divisé, je me multiplierai, quelqu´un aura une photo d´un paysan du Nord du Chili, un autre aura une photo des Andes, un autre d´une petite fille indienne qui habite aux pieds des montagnes.  Je régalerai les yeux et l´esprit de multiples personnes.  C´était injuste rester tout assemblé !!! C´était mon destin !!!

Et toi, petite statuette du gaucho pampa, quel est ton destin ?  Questionnèrent-ils tous en même temps !!!

Mon destin, c´est bien sûr celui du « gaucho pampa », je ne le sais pas, parcourir, parcourir, peut – être même de nouveau je tomberai au fond de cette poubelle de Fort de France, mais je saurai qu´il y a de la lumière au fond de cette poubelle... pour qui sait la voir.


°°°


°°°Peinture de Molia Camps


Alors...ces lignes, sont une dédicace et un hommage
à tout ce qui a été et sera jeté aux Poubelles de Fort de France (Martinique), d´ici á toujours.

Les poubelles de Fort de France, comme celles de tout le monde, ne sont pas pleines d`ordures, elle sont pleines de recommencements à des meilleurs parcours...

Giselle Badin.

-----------


 

La Pampa : cette vaste plaine, paysage mythique de l'Argentine, s'étend sur une superficie de 650 000 km². Limitée au nord par la région du Chaco, à l'est par le Rio Parana, au sud par le Rio Colorado et à l'ouest par les Andes, c'est une zone d'une intense exploitation agricole et d'élevage, le
Gauchos
pays des " Gauchos ".

La Pampa est une mer d'herbe qui occupe près de 20 % du territoire argentin. De vastes champs de luzerne, de blé, maïs ou tournesol, de vastes prairies où paissent des milliers de têtes de bétail. L'origine du nom de " Pampa" n'est pas certaine, mais certains affirment que Pampa en Quechua (langue des Incas) signifie "champ plat", à moins que Pampa ne soit le nom d'une tribu indigène qui occupait ces vastes plaines. Lié à l'activité et à la fantaisie de la Pampa, les gauchos sont à l'origine
des "orphelins" ou tout du moins des personnages qui,
ayant rompu avec leur passé et leur entourage, se sont dirigés vers les grandes
Peinture de Molina Campos
plaines pour s'occuper du bétail introduit par les premiers colons européens
.

Liberté, fierté, courage, noblesse et fidélité représentent
ces figures emblématiques que sont les premiers Gauchos de la Pampa.
Vêtus de pantalons bouffants, d'un chapeau ou d'un béret,
un foulard autour du cou, éperons, coutelas à la ceinture,
ils sont toujours accompagnés de leur fidèle compagnon, le cheval,
Aujourd'hui, sont nommés " Gauchos" les employés des estancias
qui s'occupent du bétail
(harnachement et marquage du bétail, domptage des chevaux, ....)
et de l'exploitation des grandes propriétés.

Publié dans la-mee.contestataire

Commenter cet article